Gaming 6 min read 14 août 2026

Le nouvel hymne VCT tape plus fort que toi | BuyBoosting

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Bon, celui-là tape vraiment. Riot a lâché hier l'hymne du VCT Champions Shanghai, et pour une fois ce n'est pas de la pop d'entreprise bien lissée avec un sample de guitare collé dessus pour faire crédible. Oli Sykes. Courtney LaPlante. Grabbitz à la production. C'est un casting sérieusement lourd pour un hymne d'esport, et je ne l'avais pas vu venir.

Ce qui s'est passé

L'info, sans emballage. L'hymne des Champions à Shanghai réunit Oli Sykes de Bring Me the Horizon et Courtney LaPlante de Spiritbox, avec Grabbitz derrière la production. C'est tombé hier et la timeline a fait ce que fait la timeline. La moitié des réponses, des gens qui perdent la tête. L'autre moitié, des gens qui demandent qui sont ces chanteurs.

Pour la deuxième moitié, rattrapage express. Sykes hurle dans des salles combles depuis presque vingt ans, et son groupe est devenu l'un des plus gros noms du rock mondial pendant que personne dans le gaming ne regardait. LaPlante est la raison pour laquelle son groupe a explosé, et elle passe d'une mélodie claire à un cri à s'arracher la gorge dans la même mesure. Ce ne sont pas des voix de studio piochées dans une banque de sons. Ce sont des têtes d'affiche.

Grabbitz, c'est le liant. Un producteur électro qui dérive depuis des années vers du plus lourd et du plus saturé, ce qui explique pourquoi ce genre de croisement fonctionne chez lui au lieu de sonner faux. Mets ces trois-là dans une pièce et tu n'obtiens pas un morceau sécurisé. Tu obtiens un drop taillé pour faire péter une salle entière.

Et franchement, Riot a un historique. Leurs hymnes vont du franchement excellent à la musique d'ambiance que tu as oubliée avant les quarts. Là, c'est un pari. Un gros. L'annonce a à peine un jour, donc le cycle de takes commence tout juste, et c'est déjà moche dans les deux sens.

Pourquoi ça compte plus qu'une chanson

L'hymne n'est pas de la décoration. C'est l'identité sonore de tout l'événement. Chaque montage hype, chaque walkout, chaque compilation d'actions, chaque clip qui fuite de la salle roule sur ce morceau. Tu vas l'entendre plus souvent que la plupart des casters, et arrivé aux playoffs, soit il te donne des frissons, soit tu cherches le bouton mute.

Le truc, c'est que la branche musicale de Riot est un vrai avantage concurrentiel et les autres éditeurs n'ont toujours pas compris. La plupart des événements achètent une licence générique, la posent sur un montage et passent à autre chose. Riot fabrique des morceaux qui survivent à leur propre tournoi. Des gens ont encore de vieux hymnes dans leur playlist de salle de sport des années après, et ça, aucune bannière publicitaire ne te l'achète.

La direction plus lourde dit aussi très fort à qui Riot pense parler. Ce n'est pas un public doux et casual. La base de joueurs est jeune, ultra connectée, et le metalcore est énorme précisément dans cette tranche. Aller chercher deux voix de ce milieu, c'est Riot qui lit la salle au lieu de deviner.

Et il y a un vrai enjeu, non ? Si ça marche, ça devient pour toujours le son associé à l'événement. Si ça rate, on le saute dans chaque VOD et plus personne n'en parle après la première semaine. Avec les hymnes, il n'y a pas de milieu confortable. Soit ils deviennent la chose, soit ils ne sont rien.

Parlons vrai : le rapport avec ta ranked

C'est là que ça te concerne. À chaque gros événement, les files de ranked se remplissent de joueurs qui viennent de mater deux minutes de highlights et se prennent pour des entry fraggers. Ils swinguent tous les angles, brûlent tout leur kit dans les quinze premières secondes, finissent 3 à 14 et se demandent pourquoi ça marchait chez le pro. Le hype n'est pas une stratégie.

Ce qui se transfère réellement du niveau pro est ennuyeux, et c'est exactement pour ça que presque personne ne le copie. Le viseur à hauteur de tête sur chaque déplacement, sans exception. Pré-viser les deux angles réellement tenus sur ce site au lieu de partir large sur trois adversaires. Une utilitaire par round posée avec intention, pas quatre balancées en panique. Regarde les dix premières secondes d'un round pro, pas le clip de l'ace. Ce setup de départ, c'est la partie que tu peux voler.

L'autre moitié est mentale, et c'est là que meurent la plupart des montées. Tu ne perds pas d'elo parce que ton aim s'est effondré, tu perds parce que tu lances la cinquième partie d'affilée alors que tu tilt depuis la troisième. La musique est un vrai bon reset entre deux games, et oui, un hymne lourd fait le boulot. Mais le game sense d'un pro ne s'achète pas, et des coéquipiers qui tiennent leur flanc encore moins. Si c'est la solo queue qui te casse et pas ta mécanique, monter ton rang sur Val existe précisément pour ça.

Dernier point, cadeau. Une seule personne call. Pas cinq. Le plus gros écart entre une lobby correcte et une bonne, c'est que dans la bonne quelqu'un annonce un plan à voix haute avant le round et les autres se taisent et l'exécutent. Ajoute un minimum de discipline d'économie et tu montes sans toucher ta sensibilité une seule fois.

Le verdict

Mon avis, et je l'assume : cet hymne va rester en tête plus longtemps que la moitié de la phase de groupes. Les phases de groupes sur des événements de cette taille sont souvent déséquilibrées, pleines de maps pliées au douzième round et de rosters venus de très loin pour perdre deux séries.

Personne ne va revoir une map 13 à 4 dans six mois. Mais le morceau du walkout, les gens l'écouteront encore. Ce n'est pas du cynisme envers la compétition, c'est juste comme ça que fonctionnent les événements live. L'ambiance fait autant partie du produit que le score, et l'ambiance se construit avec du son.

Je connais l'objection. Ce n'est que du marketing, un éditeur qui loue de la crédibilité à des musiciens qui n'ont jamais lancé une partie classée. D'accord. Mais dans l'esport, le marketing EST une grosse partie du produit. Tu vends un spectacle. Un spectacle avec une bande-son faible, c'est une LAN bien éclairée.

Et honnêtement, si tu trouves qu'un hymne metalcore c'est cringe aujourd'hui, je parie que tu as dit pareil pour les deux précédents et qu'ils traînent tous les deux dans ta playlist. Ça arrive chaque année. Le cycle est invaincu.

Prédiction : d'ici deux semaines ce morceau est l'échauffement par défaut dans la moitié de tes lobbies, quelqu'un le monte sur une compilation Champions avant même le début de l'événement, et les mêmes qui le démontent aujourd'hui chanteront le refrain dans le vocal. Note-le.

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